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Frédéric Paulin

Frédéric Paulin

auteur de romans noirs, de polars et d'autres choses...

Publié le
Publié dans : #Ailleurs
Calibre 35, on est 13 à table désormais

Calibre 35, le collectif des auteurs de romans noirs de la région rennaise s'agrandit avec l'entrée de Christophe Sémont. Désormais, on est treize, c'est cool. Ça veut dire aussi que la scène littéraire noire de Rennes (du Grand Rennes, disons) est vivante et bien vivante.

Des auteurs : Christope Sémont donc, mais aussi Claude Bathany, Frank Darcel, Hervé Commère, Isabelle Amonou, Léonard Taokao, Nathalie Burel, Lionel Camy, Stéphane Grangier, Thierry Bourcy, Valérie Lys, Erik Wietzel et moi. Mais aussi des ex de Calibre, David Khara et Yves Tanguy. Et peut-être d'autres encore.

Des éditeurs qui développent leur collection noir ou thriller: les éditions Critic, les éditions Goater, les éditions de la Rue Nantaise. Et peut-être aussi, d'autres encore.

Et puis un festival pour la fin 2016: La Vilaine était en noir (https://www.facebook.com/lavilaineetaitennoir/)

Sans oublier que le salon du livre de Rennes, Rue des Livres, fait chaque année la part belle aux littératures noires.

J'ai envie de donner dans le cliché : il n'y a pas qu'à Paris que le roman noir se renouvelle et existe.

Et surtout il n'y a pas que le polar régional (dont certains éditeurs ne regardent vraiment pas la qualité de leurs parutions, soyons francs) pour contrebalancer le polar qui tient le haut de l'affiche des médias. Non, les auteurs de Calibre 35 et les éditeurs du coin ont fait le pari de s'ouvrir à une écriture qui ne se concentre pas aux légendes bretonnes ou au centre-ville rennais.

Promis : le polar rennais est en pleine forme. Et ce n'est qu'un début.

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Publié le
Publié dans : #Rencontres
De la prison en général, et d'une rencontre en particulier

Hier, jeudi 10 mars (2016 donc), je me suis rendu au centre pénitentiaire de Vezin-le-coquet, à côté de Rennes.

Se rendre en prison, le double sens aurait quelque chose de romanesque dans les salons où l'on cause. Mais pas du tout. La prison, mon p'tit pote, ça n'a rien de romanesque pour ceux qui en douteraient encore. J'ai vu ça: les murs immenses, le temps long qui s'étire anormalement, le bruit constant, des regards méfiants aussi, et incrédules parfois. A Vezin, l'établissement a été ouvert (si on peut dire) en 2010 pour une capacité de 690 détenus. Ils sont actuellement plus de 800. Je me souviens qu'avant sa mise en activité, la prison avait été ouverte à la visite, un peu comme on visite un nouvel ensemble immobilier. Je me souviens aussi que la presse, à l'époque, avait relaté que certains visiteurs avaient lâché : «C'est scandaleux! On n'a pas ça chez nous!» (Le Télégramme, 21.10.2010). Parfois il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.

Il faut dire que la brochure de présentation expliquait que le " choix audacieux de couleurs [avait été fait] pour contribuer à atténuer l'effet anxiogène de l'enfermement ". Ok, d'accord mais l'enfermement est toujours là, l'anxiété aussi sans aucun doute, toutes les couleurs du monde n'y feront rien. Lors de ma visite, en trois heures, deux fois la prison a été bloquée: les détenus devaient rester confinés, plus de possibilité de sortir de la pièce où ils étaient. Une question de sécurité, m'a-t-on expliqué.

Hier, moi, j'ai pourtant fait la rencontre littéraire la plus intéressante de ma (pseudo) carrière d'écrivain. Devant moi, une vingtaine de détenus (dont certains avaient lu mes bouquins) m'ont écouté et une discussion à battons rompus s'en est suivie, sur les conditions de détention, sur le fait que, finalement, selon que vous serez riche ou misérable, les chances de connaitre la prison ne sont pas les mêmes, sur mon travail aussi, sur ce qu'ils attendent de la lecture d'un roman. Le truc était organisé dans le cadre de Rue des Livres, le salon du livre de Rennes qui aura lieu samedi et dimanche prochains. Une bonne initiative, ça va sans dire.

Et puis, je dois dire que la vie est quand même parfois surprenante: j'ai retrouvé là-bas un ami, un détenu. Multi-récidiviste, je connaissais son passé, je l'avais rencontré en 2011-2012 à la suite d'une conférence menée par le GENEPI (une association d'étudiants qui tente de préparer la réinsertion des détenus par des actions de formation). J'avais perdu sa trace quelques années auparavant et juste avant la rencontre il me tape sur l'épaule : "Salut Fred, tu me reconnais?". Évidemment que je l'ai reconnu. Et oui, la vie est surprenante parce que j'étais heureux de le revoir, que sa présence à la rencontre me touchait mais que putain, ce type était retombé et qu'il avait pris trente mois. J'ai pris son numéro d'écrou pour lui écrire. J'irai le voir aussi.

Il y a trois bibliothèques au centre pénitentiaire de Vezin (il y a trois lieux de détention en fait : pour les nouveaux arrivants, pour les condamnés à des peines inférieures à deux ans et pour les autres). Et dans ces bibliothèques, il y a mes livres. Franchement, ce n'est pas rien pour moi. Hier soir, j'ai écris quelques lignes d'un nouveau roman et j'ai pensé à ça, à mes bouquins qui était lus en prison. Ce n'est pas rien. Et le boulot que fait Catherine Gloaguen, la coordinatrice culturelle de la prison est immense. Ça peut paraître un combat contre des moulins à vent d'essayer de faire rentrer la culture en prison mais ça fonctionne. Les vingts détenus qui étaient devant moi, le prouve. Il faut dire que Catherine est une sacrée gonzesse. Respect.

A la fin de la rencontre, les mecs sont venus me serrer la main en me remerciant. Merde me remercier de quoi, les gars? Vous m'avez offert (c'est bizarre de dire ça, je sais) une putain de bouffée d'oxygène dans ma vie d'écrivaillon, dans ce monde de l'édition, du roman, du polar aussi qui parfois sent un peu le renfermé.

Le soir, j'en ai parlé à mon fils ainé (qui à 5 ans et demi). Je lui ai dis :"Je suis allé en prison aujourd'hui". Il a presque sursauté, il croyait que j'étais vraiment allé en prison comme un détenu. Je lui ai expliqué pourquoi j'y étais allé. Il a rigolé "whaou! j'ai cru que t'avais fait un truc mal". Non, mon gars, j'ai fait un truc bien.

Enfin, je crois.

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Publié dans : #Romans
A propos de La Dignité des psychopathes

La Dignité des psychopathes est sorti pour la première fois chez Alphée en août 2010 sous l'excellente direction de Jean-Paul Bertrand dans une collection dirigée par Arnaud Le Guern. Le temps à passé, Jean-Paul Bertrand est mort. Et les éditions numériques Multivers ont récupéré les droits du manuscrits. En 2014, il sort donc chez les passionnés belges de Mutlivers avec à leur tête Emmanuel Gob (et avec une couverture originale de Philippe Mandy).

En ce mois de mars 2016, La Dignité des psychopathes reparait sous format papier aux éditions Goater, collection Goater Noir. Ça fait plaisir, ça file la niaque, c'est cool quoi. Le texte a été revu, re-corrigé, et la couv' n'a pas été pompée dans une banque d'images, elle est de Pierre Macé.

Parfois, les bouquins qu'on écrit quand ils ont une deuxième (ou une troisième vie), c'est comme des gamins qui reviennent à la maison après être partis faire un tour. Ça fait du bien à son grand cœur de grand con (comme dirait machin)...

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